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Derrière l'affaire Bwin, le juteux marché des jeux en France
L'affaire Bwin, société de paris en ligne autrichienne, dont deux dirigeants ont été mis en examen lundi pour infraction à la réglementation sur les jeux, confirme la volonté de sociétés étrangères de prendre une part du gâteau du marché des jeux français. Loto, courses de chevaux, machines à sous, paris sportifs en ligne : en 2005, les Français ont dépensé 18 milliards d'euros dans les 40.000 points de vente Française des Jeux (FDJ), les 9.000 points du Pari mutuel urbain (PMU) et les 190 casinos. Ce secteur, entièrement contrôlé par l'Etat, suscite la convoitise de groupes étrangers qui demandent à la Commission européenne la fin du monopole des jeux, un système que connaissent la plupart des pays européens, sauf la Grande-Bretagne. "C'est une longue bataille qui s'engage", a souligné à l'AFP le sénateur (Var, UMP) François Trucy qui va publier un rapport sur les jeux. Le Parlement européen, rappelle-t-il, a jusqu'à présent exclu les jeux du champ du projet de directive sur la libéralisation des services, dite Bolkestein, même si, a-t-on appris mardi de source européenne, la Commission européenne devrait épingler le 18 octobre la France qu'elle soupçonne d'entraver la libre concurrence dans le secteur des jeux. "Le marché français des paris en ligne est plein d'attrait pour des sociétés britanniques et autrichiennes qui se sont développées à Chypre et à Malte, même si ces sociétés sont dans l'illégalité par rapport au monopole des Etats", ajoute M. Trucy. La mise en examen des deux dirigeants de Bwin, pour "atteinte au monopole en matière de pronostic de course hippique, autres évènements sportifs et loterie", fait suite à une plainte contre X, avec constitution de partie civile, de la FDJ et du PMU. En 2005, ces deux sociétés ont engrangé respectivement 68 millions d'euros (sur un chiffre d'affaires de 8,9 milliards d'euros), et 250 millions d'euros (sur un chiffre d'affaires de 7,55 milliards) de prises de jeu en ligne. "Il y a 500.000 joueurs en ligne potentiels en France", estime le sénateur. Une étude du cabinet Jupiter Research estime à 3,2 milliards d'euros le chiffre d'affaires des paris sportifs en ligne en Europe en 2005 et prévoit 7,2 milliards en 2009. Ce monopole des jeux, détenu par la FDJ et le PMU y compris pour les paris sur internet, déplait aussi à certains casinotiers français. Ainsi, le groupe Partouche, numéro deux français des casinos, a dénoncé au printemps le monopole de la FDJ. "La Française des Jeux, remarque-t-on à la FDJ, exerce sa mission dans le cadre du monopole des jeux en France, lorqu'elle constate une infraction contre la loi". Cette mission, ajoute-t-on, se traduit par le dépôt de plaintes (quatre, dont celle contre Bwin) et "par une alerte auprès des clubs de football, lorsqu'ils contreviennent à la loi". De son coté, le ministre délégué au Budget Jean-François Copé a annoncé mardi que le gouvernement va renforcer les sanctions financières contre la publicité pour les jeux d'argent illégaux, qui pourront atteindre plusieurs centaines de milliers d'euros. pmg/cj/gsw |
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